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Caterpillar a fait appel à des officines privées pour espionner les militants défendant la mémoire de Rachel Corrie

samedi 16-décembre-2017

Le 16 mars 2003 Rachel Corrie une militante pro-palestinienne âgée de 23 ans et originaire de l’État de Washington (nord-ouest des États-Unis) membre de l’International Solidarity Movement (ISM) était écrasée par un monstrueux bulldozer “Caterpillar D9” blindé de l’armée israélienne. Elle participait à une action destinée à empêcher ou à tout le moins à entraver des démolitions de maisons palestiniennes par l’armée d’occupation à Rafah (Bande de Gaza à la frontière égyptienne).
Des membres d’ISM présents sur les lieux ont affirmé que le conducteur du bulldozer l’a écrasée à deux reprises de façon délibérée. La famille Corrie qui a toujours soutenu l’action de Rachel a entrepris des actions juridiques visant principalement à obtenir que la responsabilité d’Israël soit reconnue. En 2012 la Cour Suprême israélienne a sans surprise mis un terme à ces actions en déboutant la famille Corrie.

On apprend aujourd’hui grâce à des fuites de documents provenant de la firmeC2i International que Caterpillar a fait appel au service d’officines privées d’espionnage pour collecter des informations sur “la stratégie légale” de la famille de Rachel Corrie.

Ce genre de pratiques n’est l’apanage exclusif ni de Caterpillar ni de “l’affaire Corrie” puisque les centaines de documents qui ont “fuité” montrent que par exemple British Airways la Royal Bank of Scotland et Porsche ne se privent pas d’y avoir recours.

Caterpillar avait engagé la firme C2i International aujourd’hui disparue pour espionner la campagne organisée par la famille Corrie et pour cela la firme en question avait infiltré en son sein deux agents se faisant passer pour des sympathisants. Le but était semble-t-il d’être averti très précocement de toute action juridique ayant potentiellement des implications pour Caterpillar et de connaître à l’avance les arguments et tactiques juridiques qui seraient utilisés.

La famille Corrie avait effectivement intenté une action en justice contre Caterpillar alléguant que l’entreprise était complice de crimes de guerre en exportant des bulldozers aux Israéliens sachant qu’ils seraient utilisés pour démolir des maisons palestiniennes. En 2007 un juge américain avait rejeté l’action estimant qu’il n’avait pas compétence pour statuer sur l’affaire. Après ce verdict C2i aurait fourni à Caterpillar une transcription d’un appel téléphonique que la mère de Rachel Corrie avait adressé aux militants du comité de défense au cours duquel était évoquée leur stratégie juridique et les prochaines étapes possibles dans leurs tentatives pour faire condamner Caterpillar pour crimes de guerre. Grâce à ses espions Caterpillar pouvait donc voir les cartes de ses adversaires.

Les documents montrent aussi que Caterpillar a aussi eu recours aux services d’une autre officine d’espionnage privée pour surveiller des militants en 2005.

C2i a également espionné des groupes comme “Les Amis de la Terre” Greenpeace et des groupes locaux (luttant par exemple contre la multiplication des relais de téléphonie sans fil pour des raisons sanitaires) pour le compte des nombreux grands groupes qui étaient parmi ses clients.

Article rédigé par Luc Delval à partir de « Surveillance firms spied on campaign groups for big compagnies leak shows » de Rob Evans and Meirion Jones paru sur The Guardian le 12 décembre 2017.

www.pourlapalestine.be


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