Mon 8-July-2024

Marzouq parle au Centre Palestinien d’Information de plusieurs dossiers ardus (2)

mercredi 16-janvier-2008

A l’occasion du vingtième anniversaire du mouvement de la résistance islamique Hamas notre Centre Palestinien d’Information (CPI) a effectué une interview détaillée avec le vice-président du bureau politique du mouvement Dr. Moussa Abou Marzouq.

L’interview étant un peu longue nous en traduisons des extraits que nous publions en plusieurs épisodes. En voici le deuxième :

La crise des pèlerins

CPI : Quelle est votre vision quant à la crise dont ont tant souffert les pèlerins de la bande de Gaza ?

Marzouq : La souffrance des pèlerins de la bande de Gaza n’est en fait qu’un petit échantillon de ce que les habitants de la Bande endurent dans ce climat de blocus qui leur est imposé injustement. Tous leurs droits sont bafoués. C’était par leurs propres efforts que les pèlerins ont pu sortir de cette crise en entrant dans la bande de Gaza via le point de passage de Rafah. Leur pression sur le gouvernement égyptien avait tant été forte qu’il a finalement permis ce passage. De mon côté je remercie les autorités égyptiennes pour cette position qui est venue à l’encontre du climat politique voulant que ce point reste fermé…

La fermeture du point de passage de Rafah est en réalité très étonnante. C’est un passage palestino-égyptien. Et l’Egypte assume une responsabilité historique envers la bande de Gaza surtout qu’elle dirigeait la Bande lors de la guerre agressive de 1967 et que ce point était le portail qui reliait la bande de Gaza et les territoires égyptiens.

Le point de passage de Rafah ne doit alors être dirigé que par les Palestiniens et les Egyptiens. La responsabilité historique de l’Egypte envers les Palestiniens et le lien fort entre ces deux peuples ainsi que le poids si important de l’Egypte dans la région donneront à ce grand pays la capacité de laisser ce point ouvert.

Les autorités égyptiennes avaient obligé les pèlerins de la bande de Gaza au moment de leur départ à signer un engagement pour qu’ils rentrent dans la Bande par le passage d’Abou Salem sous la mainmise des forces de l’occupation israélienne. Cette décision était une erreur qui a suscité la colère de la rue égyptienne : partis établissements associations forces politiques. Même les responsables politiques égyptiens ont montré leur mécontentement. Tout cela a annulé ledit engagement et a poussé à faciliter le retour des pèlerins via le point de passage de Rafah.

Prétentions sans fin !

CPI : L’occupation israélienne prétend que ces pèlerins ont apporté des millions de dollars au mouvement du Hamas à quel point cette affaire est-elle exacte ?

Marzouq : Ce ne sont que des allégations. En effet lorsque les pèlerins ont quitté la bande de Gaza ils n’avaient en tête que d’accomplir leur devoir du pèlerinage. Personne ne savait que les affaires se passeraient de cette manière.

Loin de toute agitation

CPI : L’occupant prétend encore une fois que quelques éléments d’Al-Qaïda ont pu entrer dans la bande de Gaza avec les pèlerins via le point de passage de Rafah. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

Marzouq : C’est un blabla sans importance. Ne sont entrés avec les pèlerins que des Palestiniens qui étaient suspendus sur le passage de Rafah depuis un certain temps. Des étudiants qui font leurs études à l’étranger. Des malades qui rentrent après avoir reçu le soin nécessaire en Egypte ou ailleurs. Des hommes d’affaires. Des ouvriers qui venaient rendre visite à leurs familles dans la bande de Gaza. Pas d’éléments de l’organisation d’Al-Qaïda ni du Fatah Al-Islam dans la Bande.

Ce conflit de la Palestine tant complexe a besoin de sang-froid loin de toute agitation. Notre peuple en Cisjordanie comme dans la bande de Gaza se rend compte de cela. Il y a une résistance forte et ancrée. Cependant il y a aussi un peuple qui veut vivre. La résistance se trouve devant deux réalités. Elle doit se défendre se développer s’ancrer et ancrer son programme. Elle doit aussi travailler de façon à assurer au peuple les éléments de survie. Elle n’est pas bien libre dans ces opérations militaires. Les réalités du terrain et la vision politique interviennent pour jouer sur l’intensité des opérations militaires. Cela dit le mouvement du Hamas prend toutes les données en considération en confirmant la nécessité de la continuation et du développement de la résistance.

Le peuple s’exprime

CPI : Qu’exprime le retour des pèlerins dans la bande de Gaza via le point de passage de Rafah ?

Marzouq : Par le départ et le retour des pèlerins en passant par le point de passage de Rafah le peuple palestinien a révélé le fond de sa pensée. Il a exprimé son attachement à ses droits sa volonté de briser la chaîne du blocus son penchant vers le mouvement du Hamas et le gouvernement de monsieur Ismaël Haniyeh…

Le départ et le retour des pèlerins via le point de passage de Rafah constituent déjà une action qui a brisé une décision sioniste une décision de la présidence de l’autorité palestinienne une décision de ceux qui participent au blocus imposé sur la bande de Gaza. Cela constitue déjà une démolition au moins d’une rondelle de la chaîne.

Le refus de plus de deux mille deux cent pèlerins dont la plupart sont des femmes des personnes âgées et des malades d’emprunter les passages sous l’emprise de l’occupation israélienne est une affaire tellement importante qu’il faut bien l’étudier. Abbas et ses alliés à l’intérieur comme à l’extérieur doivent comprendre que le mouvement du Hamas est un élément dur et infranchissable. Autant le blocus s’intensifie autant la popularité du Hamas s’accroît.

Par ailleurs le recul des autorités égyptiennes n’obligeant plus les pèlerins à retourner via le passage d’Abou Salem selon l’engagement signé reflète la capacité des frères égyptiens à refuser les pressons américano-sionistes. Il reflète aussi la capacité de l’Egypte à être un décideur quant à la question du passage et quant au bris du blocus injuste imposé sur la bande de Gaza.

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